Contrôle des populations de mouches des fruits par dissémination assistée d'un champignon entomopathogène

L'entomovectoring consiste à utiliser des insectes (" entomo ") comme vecteurs de biocides (insecticide, agent pathogène, antagoniste, etc.) pour limiter l'incidence de bioagresseurs d'importance agricole, médicale ou vétérinaire. Cette technique présente un intérêt pour la gestion écologique des populations de la mouche orientale des fruits, Bactrocera dorsalis (Hendel) (Diptera, Tephritidae), ravageur qui constitue un obstacle majeur à l'intensification durable des systèmes de production fruitière en Afrique de l'Ouest. Dans le projet Pest-Free Fruit, la stratégie consiste à utiliser les mâles de B. dorsalis comme vecteurs de spores du champignon entomopathogène, Metarhizium anisopliae (Sorokin) (Hypocreales, Clavicipitaceae) afin de déclencher une épizootie dans la population de mouches sauvages ciblée. La présente étude avait pour objectif d'améliorer les connaissances sur les interactions existant entre l'agent pathogène (spores du champignon entomopathogène), le vecteur (mâles stérilisés issus d'un élevage ou sauvages) et la cible (population sauvage de mouches, en particulier les femelles). Nous avons évalué au laboratoire le succès reproducteur des mâles contaminés, la transmission de spores aux femelles lors des accouplements, et la transmission verticale de spores des femelles à leur progéniture. En conditions semi-naturelles, nous avons étudié la transmission horizontale dans différents assemblages de populations reproduisant les conditions de l'autodissémination (attraction et infection des mâles sauvages au contact d'un support contaminé), de la technique de l'insecte stérile (lâcher de mâles stériles d'élevage non contaminés) et de la TIS boostée (lâcher de mâles stériles d'élevage préalablement contaminés). L'observation du succès reproducteur des mâles a montré que les mâles (fertiles ou stériles) contaminés s'accouplaient moins que les mâles fertiles non contaminés. Au laboratoire, 26% des femelles mises en cage avec des mâles contaminés ont développé la maladie fongique (34% des femelles accouplées avec un mâle contaminé). En conditions semi-naturelles, 8 et 15% des femelles ont développé la maladie dans les assemblages de population simulant l'auto-dissémination et la TIS boostée, respectivement. Une réduction de la production d'oeufs de la cohorte de femelles a été notée dans les conditions de la TIS et de la TIS boostée, avec en plus une réduction du taux d'éclosion des oeufs dans les conditions de la TIS. Aucune transmission verticale du champignon n'a été observée. L'augmentation la charge en spores des mâles et l'amélioration de leur succès reproducteur sont deux conditions essentielles pour augmenter la transmission du pathogène dans la population cible et donc l'efficacité de l'entomovectoring pour la gestion du ravageur.

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Bibliographic Details
Main Authors: Diop, Samba, Dosso, Fatime, Brévault, Thierry, Chailleux, Anaïs
Format: conference_item biblioteca
Language:fre
Published: ISRA
Online Access:http://agritrop.cirad.fr/601348/
http://agritrop.cirad.fr/601348/7/ID601348.pdf
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Description
Summary:L'entomovectoring consiste à utiliser des insectes (" entomo ") comme vecteurs de biocides (insecticide, agent pathogène, antagoniste, etc.) pour limiter l'incidence de bioagresseurs d'importance agricole, médicale ou vétérinaire. Cette technique présente un intérêt pour la gestion écologique des populations de la mouche orientale des fruits, Bactrocera dorsalis (Hendel) (Diptera, Tephritidae), ravageur qui constitue un obstacle majeur à l'intensification durable des systèmes de production fruitière en Afrique de l'Ouest. Dans le projet Pest-Free Fruit, la stratégie consiste à utiliser les mâles de B. dorsalis comme vecteurs de spores du champignon entomopathogène, Metarhizium anisopliae (Sorokin) (Hypocreales, Clavicipitaceae) afin de déclencher une épizootie dans la population de mouches sauvages ciblée. La présente étude avait pour objectif d'améliorer les connaissances sur les interactions existant entre l'agent pathogène (spores du champignon entomopathogène), le vecteur (mâles stérilisés issus d'un élevage ou sauvages) et la cible (population sauvage de mouches, en particulier les femelles). Nous avons évalué au laboratoire le succès reproducteur des mâles contaminés, la transmission de spores aux femelles lors des accouplements, et la transmission verticale de spores des femelles à leur progéniture. En conditions semi-naturelles, nous avons étudié la transmission horizontale dans différents assemblages de populations reproduisant les conditions de l'autodissémination (attraction et infection des mâles sauvages au contact d'un support contaminé), de la technique de l'insecte stérile (lâcher de mâles stériles d'élevage non contaminés) et de la TIS boostée (lâcher de mâles stériles d'élevage préalablement contaminés). L'observation du succès reproducteur des mâles a montré que les mâles (fertiles ou stériles) contaminés s'accouplaient moins que les mâles fertiles non contaminés. Au laboratoire, 26% des femelles mises en cage avec des mâles contaminés ont développé la maladie fongique (34% des femelles accouplées avec un mâle contaminé). En conditions semi-naturelles, 8 et 15% des femelles ont développé la maladie dans les assemblages de population simulant l'auto-dissémination et la TIS boostée, respectivement. Une réduction de la production d'oeufs de la cohorte de femelles a été notée dans les conditions de la TIS et de la TIS boostée, avec en plus une réduction du taux d'éclosion des oeufs dans les conditions de la TIS. Aucune transmission verticale du champignon n'a été observée. L'augmentation la charge en spores des mâles et l'amélioration de leur succès reproducteur sont deux conditions essentielles pour augmenter la transmission du pathogène dans la population cible et donc l'efficacité de l'entomovectoring pour la gestion du ravageur.