Aviculture péri-urbaine et santé publique

Les Intoxications alimentaires représentent un problème majeur de santé publique dans les pays développés. Dans les pays en développement, les crises de la vache folle ou plus récemment de la dioxine ont aussi eu des répercussions considérables sur le comportement alimentaire du consommateur. Parallèlement, le déficit alimentaire en protéines animales en Afrique s'accroît et les prédictions les plus pessimistes affirment que d'ici 2020, ce déficit aura doublé. Or, les productions de viande bovine et ovine stagnent voire reculent. En 2000, celles-ci ont respectivement diminué de 8% et 5%. Pour combler ce déficit, le recours aux espèces à cycle court, en particulier les volailles dans les pays musulmans, s'avère inéluctable. Au Sénégal, pour répondre à la démographie citadine sans cesse croissante et l'augmentation de la demande en protéines animales, une aviculture semi-industrielle de proximité dans l'espace urbain et périurbain s'est développée. La région de Dakar regroupe l'essentiel de cette activité dans un rayon de 100 km autour de la capitale et représente 6 millions de poulets de chair sur une année. De 1992 à 2000, la production de viande a augmenté de 25 p. cent passant de 6000 à plus de 7800 tonnes par an. De surcroît, l'amélioration de la productivité a permis de réduire les coûts de production dans les élevages et aujourd'hui, le poulet produit par ces élevages modernes fournit la viande la moins chère à la ménagère sénégalaise (1550 F CFA le Kilo soit 2.4 euro; le Kilo). Mais, au Sénégal, le contrôle de la qualité des denrées alimentaires d'origine animale est encore peu développé sauf dans la filière de la pêche où le commerce international impose des conditions draconiennes. La qualité se résume à des conditions sur le produit qui s'établissent entre le client et le fournisseur mais qui abordent rarement le problème de la contamination microbiologique. Le contexte de l'intensification de la production avicole dans une situation périurbaine a favorisé l'émergence de bactéries pathogènes (Salmonella et Campylobacter) pour l'homme. En effet, l'élevage de volailles est ainsi soumis à une triple pression: - Une pression démographique du fait du développement des habitations qui entraîne une diminution des espaces disponibles pour l'élevage et conduit à une concentration des poulaillers et des volailles. Cette concentration est synonyme d'une parfaite dépendance humaine et constitue une source de contamination importante; les poussins et les aliments représentent des vecteurs potentiels et le management de l'hygiène par le personnel s'avère une clé essentielle au développement de l'élevage. - Une pression de l'agriculture qui concurrence l'élevage en terme d'espace; cependant, l'utilisation de fumier issu des poulaillers crée un risque éventuel de contamination croisée entre les fientes de volailles et les légumes ou les fruits qui sont cultivés dans la zone périurbaine. - Une pression sanitaire qui du fait de la concentration humaine et animale facilite la circulation des bactéries et constitue un danger potentiel pour l'homme tant directement par contamination via l'alimentation ou par contact direct que indirectement par le développement de résistance aux antibiotiques.

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Bibliographic Details
Main Author: Cardinale, Eric
Format: conference_item biblioteca
Language:fre
Published: CIRAD-FLHOR
Subjects:Q03 - Contamination et toxicologie alimentaires, E16 - Économie de la production, agriculture périurbaine, aviculture, production de viande, qualité, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_18389, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_742, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_4679, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_6400, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_6970,
Online Access:http://agritrop.cirad.fr/525238/
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