Influence des peupleraires sauvages et cultivées et de la présence de mélèzes sur la structuration génétique des populations de Melampsora larici-populina, agent de la rouille foliaire

La peupleraie cultivée, monoclonale et équienne, constitue un des écosystèmes forestiers les plus simplifiés, ce qui la rend très fragile face à des agressions biotiques et abiotiques. En effet, la plantation sur de grandes superficies d'un très faible nombre de cultivars à résistance totale vis-à-vis de la rouille foliaire à Melampsora larici-populina, a favorisé l'émergence et la dissémination très rapide de nouveaux pathotypes du parasite, capables de contourner toutes les résistances sélectionnées à ce jour. Parallèlement à la dégradation très rapide de l'état sanitaire des peupleraies cultivées, celui des peupleraies sauvages (ripisylves à Populus nigra) vis-à-vis de la rouille semble rester stable. Les bases de cette stabilité résident vraisemblablement dans la diversité génétique des peupleraies sauvages, et dans l'influence de cette diversité sur la structuration des populations de M. larici-populina. Pour tester cette hypothèse, nous proposons de comparer le rôle des peupleraies cultivées et des peupleraies sauvages sur la structuration des populations du parasite. Pour cela, nous comparons la variabilité phénotypique (pathotypes) et la diversité génétique (marqueurs moléculaires) de populations de M larici-populina collectées dans les deux types de peuplement. De plus, il faut prendre en compte le rôle du Mélèze, qui est l'hôte alternant du parasite sur lequel a lieu la reproduction sexuée. En effet, la présence du Mélèze favorise les recombinaisons génétiques chez le champignon, et donc constitue un moteur de diversité pour ses populations. Ainsi, pour chaque type de peuplement hôte (peupleraies cultivées et sauvages) nous comparons des sites avec et des sites sans Mélèze. Les premiers résultats concernent le pathotypage des populations récoltées à l'automne 2001 en peupleraies cultivées (Aisne et Haute-Saône) et sauvages (Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence). Les populations collectées en peupleraies cultivées présentent une richesse (14 pathotypes en moyenne) nettement supérieure à celle des populations collectées en peupleraies sauvages (5 pathotypes en moyenne). De plus, les peupleraies cultivées hébergent des populations nettement plus complexes (Cj = 3.40 virulences par isolat) que les peupleraies sauvages (Cj = 0.58 virulence par isolat). Ces résultats suggèrent la sélection de pathotypes complexes sous l'effet des gènes de résistance race-spécifique déployés dans les peupleraies cultivées. Concernant la présence ou non de l'hôte alternant à proximité des peupleraies, les populations "sexuées" présentent en moyenne une richesse supérieure à celle des populations "asexuées". Ceci suggère un effet du Mélèze sur la richesse des populations, en augmentant le nombre de pathotypes rares. L'utilisation de marqueurs moléculaires (RAPD) permettra de compléter cette étude, en particulier pour l'évaluation du rôle de la reproduction sexuée sur la structuration des populations du champignon. (Texte intégral)

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Bibliographic Details
Main Authors: Frey, Pascal, Gérard, P., Feau, N., Husson, Claude, Schipfer, A., Lefèvre, F., Pinon, Jean
Format: conference_item biblioteca
Language:fre
Published: CIRAD
Subjects:H20 - Maladies des plantes, Melampsora, structure de la population, relation hôte pathogène, génétique des populations, Populus, Larix, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_4709, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_6115, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_34017, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_34326, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_6116, http://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_4195,
Online Access:http://agritrop.cirad.fr/490709/
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